"Ne faites pas aux autres ce que vous voudriez qu'ils vous fissent. Il se peut que leurs goûts ne soient pas les mêmes."
(George Bernard Shaw / 1856-1950 / Maximes pour révolutionnaires)
08 juin 2008
Manif du 3juin 2008 à St Laurent du Maroni (Guyane)
«A nos cris de révolte, le recteur répond par un silence méprisant»
LIBERATION.FR : dimanche 8 juin 2008
En Guyane, le rectorat, ainsi que de nombreuses écoles, font l'objet d'occupation par des parents et des enseignants, qui exigent de nouveaux postes pour la rentrée 2008.
Manif_3juin_2
Vidéo envoyée par stephano62
Vidéo de la manifestation" pour une école de qualité en Guyane" du 3 juin dernier à Saint-Laurent du Maroni en Guyane
Festival au village du 27 juin au 4 juillet : Le programme
Une histoire d'amour de vingt ans entre un village et l'art vivant
Brioux sur Boutonne est un petit village de 1.400 habitants. Depuis 20 ans, c'est aussi un festival des arts vivants qui a aimanté 13.000 personnes l'an dernier.

L'Amicale culture et loisirs, Jean-Pierre Bodin, la municipalité de Brioux et la Communauté de communes du Val de Boutonne vous donnent rendez-vous du 27 juin au 4 juillet au Festival au village
La famille Moralles plantera son châpiteau durant toute la durée du festival

* Forfaits: passe-partout 110 € et 85 €, pour tous les spectacles du dimanche 29 juin 45 € et 35 €,
Billetterie par téléphone au 05.49.29.90.30 (avant le 20 juin) ou dans les magasins Carrefour, Géant, HyperU, www.fnac.com.au bureau de festival 8, place du Champ-de-Foire à Brioux-sur-Boutonne et au magasin SERMO à Melle.
SUR LE MEME SUJET :
- Le festival de Brioux : généralités.
- Tout le programme
- Reservations et localisation
La crise alimentaire
Jean Ziegler : « Il faut changer de modèle »
Auteur de "L’empire de la honte", l’ex-rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation - désormais membre du comité consultatif de la Commission des droits de l’homme de l’ONU -, dénonce une « tragédie absurde et criminelle ».
Que signifie concrètement la crise alimentaire actuelle ?
Jean Ziegler.
Avant même cette crise, la FAO dénombrait plus de 854 millions de personnes souffrant de faim et de malnutrition dans le monde. Cette tragédie absurde et criminelle, cette horreur structurelle de la faim qui continue depuis des années, a causé, rien que l’année dernière, la mort de plus de six millions d’enfants. Dans un monde riche qui peut nourrir, toujours selon la FAO, près de 12 milliards de personnes, deux fois la population actuelle.
Les plus démunis, dont une grande partie vit dans les zones urbaines, sont forcés de consacrer de 80 % à 90 % de leurs maigres revenus à se nourrir - dans les pays riches, cette part n’est que de 10 % à 15 %.
C’est cette population très pauvre qui est aujourd’hui la principale victime de l’explosion des prix des denrées alimentaires.
En une année, de février 2007 à février 2008, le prix du riz - l’aliment de base de la plus grande partie de l’humanité - a augmenté de 74 %, celui du blé de 130 %…
C’est une tragédie et elle vient de loin.
Depuis des décennies, soumis aux plans d’ajustements structurels imposés par le FMI et les pressions de la BM et de l’OMC pour orienter la production agricole vers l’exportation (coton, café…), les pays en développement n’ont pas soutenu leur agriculture vivrière. C’était d’autant plus simple que, grâce aux énormes subventions des pays riches à leur propre agriculture, il revenait moins cher aux pays pauvres d’importer leurs aliments.
Un pays comme le Mali, par exemple, exporte 380 000 tonnes de coton mais importe plus de 82 % de ses besoins alimentaires !
Au cours des années, la dépendance des pays pauvres vis-à-vis des importations alimentaires s’est dangereusement accrue. Pour nourrir leur population, de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest (Mali, Sénégal…) ou d’ailleurs (Haïti…) dépendent désormais presque exclusivement des importations (à plus de 80 %).
La flambée des prix mondiaux a touché ces pays et leurs populations démunies de plein fouet.
Cela fait longtemps que vous accusez, dans vos rapports, les plans des institutions financières internationales (FMI, BM et aussi OMC). Mais qu’est-ce qui a bien pu créer en si peu de temps la flambée actuelle des prix à l’origine des émeutes de la faim ?
Jean Ziegler.
Les pays pauvres paient aujourd’hui le prix de vingt ans de politiques agricoles erronées et imposées.
Mais cette flambée catastrophique des prix mondiaux est due à deux causes récentes : la spéculation et les agrocarburants.
La crise financière de la fin de l’année dernière (la crise des subprimes - NDLR) sur les marchés financiers a provoqué une ruée des grands spéculateurs, comme les hedge funds, sur le marché des matières premières, y compris agricoles.
À la Bourse des matières premières de Chicago, où se négocient et se fixent une grande partie des prix, le volume des échanges représentait environ 10 milliards de dollars (6,5 milliards d’euros) en l’an 2000. Le mois dernier, il atteignait les 175 milliards de dollars…
De plus, la plus grande partie de ces échanges est contrôlée par sept ou huit sociétés multinationales qui font d’énormes profits.
En avril, les économistes de la BM estimaient qu’environ 37 % de la flambée des prix agricoles étaient dues à la spéculation.
D’après un directeur de la CNUCED (conférence des Nations unies pour le commerce et le développement), l’impact serait même deux fois plus fort…
Les agrocarburants constituent l’autre cause de cette flambée des prix. Alors que la situation alimentaire s’aggrave, on raffine d’énormes quantités de céréales (notamment de maïs) pour les transformer en biofuel.
À eux seuls les États-Unis y ont consacré, l’année dernière, 138 millions de tonnes de maïs, le tiers de leur récolte totale !
Les États-Unis se sont fixé comme objectifs de produire 150 milliards de litres d’agrocarburant.
Et l’Union européenne prend la même direction : elle préconise que 10 % du carburant utilisé sur le continent en 2020 soit du biofuel.
On imagine le résultat quand on sait que pour un « plein » de 50 litres d’une voiture européenne il faut utiliser plus de 300 kg de maïs.
C’est ce que consomme en une année un enfant africain ou mexicain pour vivre…
Alors que tant de gens souffrent de la faim, les agrocarburants sont un crime contre l’humanité.
D’après le numéro deux du FMI, cette montée est responsable de plus de 40 % de la hausse des prix, notamment celle du maïs. Sans oublier que les terres consacrées au carburant réduisent d’autant la superficie des surfaces disponibles pour la production vivrière.
Alors que faire ? Les biofuels ne représentent-ils pas tout de même une avancée environnementale…
Jean Ziegler.
Les biofuels pourraient certes avoir un intérêt environnemental.
Et d’autant plus si, parallèlement, leur production peut profiter aux paysans du Sud. Mais ce n’est pas le cas actuellement.
L’alimentation doit aujourd’hui passer en premier.
Pour cela, j’ai proposé à l’ONU que les États imposent un moratoire de cinq ans sur la production de biocarburants raffinés à partir des denrées alimentaires.
La spéculation doit elle aussi être limitée.
Les prix ne doivent pas être fixés à la Bourse mais par des accords entre pays producteurs et consommateurs.
Les stocks de réserves et de stabilisation des prix peuvent aussi aider à la solution. Enfin, les institutions internationales (FMI, BM ou OMC), mais aussi les gouvernements doivent changer de paradigme de base : la priorité absolue doit être accordée aux productions de subsistance.
Entretien réalisé par Ramine Abadie paru dans l’Humanité du 4 juin 2008
Le changement climatique

1. Quelles sont les causes du changement climatique?
Le climat de la Terre dépend de nombreux facteurs, tels que la teneur en gaz à effet de serre et en aérosols de l’atmosphère, la quantité d’énergie provenant du soleil, ou encore les propriétés de la surface de la Terre.
Quand les activités humaines ou naturelles modifient ces facteurs, ceux-ci provoquent un réchauffement ou un refroidissement de la planète, car ils modifient la quantité d’énergie solaire qui sera absorbée ou réfléchie dans l’espace.
Les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre, tels que le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et l’oxyde nitreux (N2O), ont crû de façon notable depuis 1750.
Aujourd’hui, elles dépassent de loin leurs niveaux préindustriels.
Le dioxyde de carbone est le plus important gaz à effet de serre d’origine anthropique.
Sa concentration atmosphérique (379 ppm en 2005) est à l’heure actuelle bien plus élevée qu’elle ne l’a jamais été au cours des 650 000 dernières années, où elle oscillait naturellement entre 180 et 300 ppm.
Aujourd’hui, elle augmente plus rapidement qu’elle ne l’a jamais fait depuis l’introduction des mesures systématiques en 1960, en raison principalement de l’utilisation de combustibles fossiles et, dans une moindre mesure, des changements d’affectation des terres.
Par exemple, les émissions de dioxyde de carbone provenant de l’utilisation de combustibles fossiles sont passées de 6,4 Gt par an dans les années 90 à 7,2 Gt de carbone par an pour la période 2000-2005.
Les concentrations atmosphériques de méthane et d’oxyde nitreux ont elles aussi fortement augmenté depuis l’époque préindustrielle, et résultent en grande partie des activités humaines comme l’agriculture et l’utilisation de combustibles fossiles.
Les effets sur le climat de chacun des facteurs de changement s’expriment en termes de « forçage radiatif », un forçage positif provoquant un réchauffement de la surface de la terre, et un forçage négatif entraînant un refroidissement de celle-ci.
Il est très probable (probabilité supérieure à 90%) que, dans l’ensemble, les activités humaines aient eu un effet de réchauffement sur la planète depuis 1750, avec une augmentation de l’énergie, ou forçage radiatif, de l’ordre de 1,6 Watt au mètre carré sur l’ensemble de la surface terrestre.
L’influence respective des différents facteurs figure sur le tableau 2. Les principaux facteurs de changement sont les différents gaz à effet de serre existants, et il est probable que le réchauffement qu’ils provoquent se soit aggravé davantage au cours de l’ère industrielle qu’au cours des 10000 dernières années. Les principaux facteurs de refroidissement sont les aérosols, en raison des changements qu’ils provoquent au niveau de la couverture nuageuse.



