"Ne faites pas aux autres ce que vous voudriez qu'ils vous fissent. Il se peut que leurs goûts ne soient pas les mêmes."
(George Bernard Shaw / 1856-1950 / Maximes pour révolutionnaires)
13 juin 2008
Medef+CGT+CFDT !
Le front syndical jette le trouble chez les députés de la majorité 35 heures. Hier à l’Assemblée, CFDT, CGT et Medef ont réclamé du temps pour négocier.
NATHALIE RAULIN ET FRANÇOIS WENZ-DUMAS QUOTIDIEN : mercredi 11 juin 2008
Gifles
La majorité présidentielle ne sait plus trop
. Elle qui milite pour l’assouplissement des 35 heures s’interroge désormais sur l’opportunité d’intégrer, au mépris du dialogue social, cette réforme dans le projet de loi sur la représentativité syndicale.
Un trouble né du face-à-face, hier, entre le groupe UMP de l’Assemblée et les leaders du Medef, de la CFDT, et de la CGT.
Cette rencontre «historique» entre acteurs de la démocratie sociale et politique a été, côté partenaires sociaux, l’occasion d’un sévère réquisitoire contre le ministre du Travail, Xavier Bertrand.
Devant des députés attentifs, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, celui de la CGT, Bernard Thibault, et la présidente du Medef, Laurence Parisot, ont à tour de rôle ouvert la boîte à gifles.
- «Nous avons le sentiment d’avoir été trompés par le ministre du Travail, a commencé Chérèque. Avec le Premier ministre, il nous a tendu une sorte de piège, à savoir négocier sur le temps de travail, ce qu’on a fait, et après profiter de cette négociation pour faire autre chose. C’est une démarche qui n’est pas acceptable.»
- Bernard Thibault a appuyé : «La CGT est en désaccord sur la méthode et le contenu de la deuxième partie du projet de loi relatif au temps de travail […] qui modifie autoritairement plus de 60 articles du code du travail.»
- Mais, à la surprise générale, c’est la patronne des patrons, Laurence Parisot, qui a les mots les plus durs. «Nous avons été pris en traître, et l’esprit de l’accord n’est pas conforme au projet de loi, se récrie-t-elle.
Des évolutions significatives en matière de durée du travail ont été actées dans la position commune sur la représentativité syndicale. Il ne faudrait pas aujourd’hui prendre des décisions politiques qui cassent ce nouvel élan, très sain pour la pacification et la construction sociale en France.»
Et les trois de réclamer que le Parlement attende quelques mois avant de légiférer sur les 35 heures, le temps pour les partenaires sociaux de trouver un accord.
Devant cet improbable front, les députés se troublent. Matignon ayant le matin, lors du petit déjeuner, exclu de bouger sa ligne d’un iota, le patron des députés UMP, Jean-François Copé, bétonne.
A ses troupes puis aux journalistes, il proclame la «solidarité de la majorité avec le gouvernement» et martèle que le groupe «n’est pas dans la logique d’accorder six mois de négociations sur les 35 heures». «Le gouvernement a un texte, il doit aller jusqu’au bout»,soutient la députée de Seine-et-Marne et porte-parole de l’UMP, Chantal Brunel.
Elle confie pourtant : «Cette réunion a ébranlé le groupe. Le fait de voir Thibault et Parisot sur la même longueur d’onde a changé la donne.»
Regards.
De fait, les députés UMP désormais doutent. «Il vaudrait mieux dissocier la représentativité syndicale de la question de l’assouplissement des 35 heures» estime Louis Giscard d’Estaing (Puy-de-Dôme) «Cela permettrait à la négociation de se dérouler. Si l’accord ne vient pas, on serait alors fondés à légiférer.»
Alain Gest (Somme) confirme : «J’ai été frappé par l’unanimisme syndical. Ça ne me choquerait pas qu’on les sépare à condition qu’on ne botte pas en touche.»
Cet après-midi, lors de la réunion de la commission nationale de la négociation collective, Xavier Bertrand peut encore lâcher un peu de lest, comme il l’a déjàfait sur les délais de prévenance ou la limitation du forfait jours aux salariés autonomes dans le travail. Mais, sauf à perdre la face, cela ne peut être qu’à la marge.
Du coup les regards se tournent vers le chef de l’Etat, silencieux sur le sujet. «S’il intervient, cela devrait être après le 17 juin, et cela nous conforte dans l’idée qu’il faut mobiliser fortement», estime Michel Donnedu (CGT).
Pour Nicolas Sarkozy, il est urgent d’attendre.
Clash Boutin Gloaguen : règlement de compte en public
L'embrouille commence dès le début de l'inauguration. Arrivé quelques minutes en retard, Claude Gloaguen s'énerve en entendant Christine Boutin parler aux journalistes du XVIe et des SDF. Pestant que l'on caricature son arrondissement, il déclare alors que non seulement il est favorable au projet de centre d'hébergement, mais qu'en plus il souhaite qu'il soit pérenne. Le centre n'est en effet que temporaire. Appartenant à la Congrégation des Petites soeurs des pauvres, le bâtiment devrait être vendu prochainement à la Cogedim qui veut le démolir puis le reconstruire pour en faire des habitations, dont une partie à caractère social.
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Le droit à l'avenir
Source : reconquêtes
Reproduction sociale et droit à l’avenir Tribune d’Olivier Dussopt, le 11 juin 2008
Pour la première fois, une génération entière est convaincue qu’elle vivra moins bien que celle de ses parents.
Un fils d’ouvrier ou d’employé a toujours autant, sinon plus, de chances d’être lui-même ouvrier ou employé que dans les années 60.
L’accès à une formation supérieure s’est élargi mais l’obtention d’un diplôme d’études supérieures reste largement prédéterminée par les origines sociales des étudiants.
Si les causes de ce constat se trouvent en partie dans la crise économique et sociale actuelle, le mal semble plus profond.
La massification et la démocratisation de l’enseignement supérieur devaient résoudre des inégalités, on ne peut que déplorer l’échec de ce mouvement qui n’a résolu en rien la question de l’égalité des chances. Le déterminisme social par l’appartenance à une catégorie socioprofessionnelle s’accompagne désormais d’un déterminisme en fonction de son lieu de naissance ou de résidence.
Logiquement et simultanément, l’homogamie sociale reste de mise et maintient une distance forte entre les différents groupes sociaux composant la société.
Cet échec à assurer une véritable promotion sociale est d’autant plus patent que la crise économique, le chômage et le développement de la précarité ont aggravé le sentiment de déclassement. En effet, confronté à la remise en cause et à la dégradation de leur situation, celles et ceux ne croyaient déjà plus en la possibilité d’une ascension sociale sont désormais persuadés qu’ils vont occuper un statut encore moins valorisant que celui de leurs parents dans la société et que cela ne relève de leur seule responsabilité.
L’ascenseur social est en panne et cela se constate chaque jour un peu plus avec l’impossibilité toujours plus grande d’accéder à un emploi stable, la remise en cause des retraites, la crise du logement.
Parallèlement à cela, le décrochage citoyen avec une frange toujours plus importante de la population qui se désintéresse de la vie publique apparaît comme une conséquence directe de cette crise. Une frange toujours plus importante qui ne croit plus en la politique comme en un outil au service de la transformation et du progrès social.
C’est en cela que la gauche, les progressistes, doivent se saisir de cette question de la reproduction des inégalités sociales. C’est parce que cela touche à l’émancipation individuelle et collective que la promotion sociale et l’égalité des chances doivent être placées au coeur de nos réflexions. Au delà de ce constat l’objectif de l’action publique doit prendre deux formes. Elle doit d’abord consister à réhabiliter une action collective et à lutter contre l’individualisme. La promotion sociale ne doit pas être possible que par une concurrence acharnée avec celui qui partage le même sort et la même condition. Elle doit aussi consister en une politique volontariste, en particulier dans le domaine éducatif. Il s’agit de corriger les inégalités de dotation en capital social, économique et culturel. Permettre par l’école et le développement d’activités periscolaires à chaque enfant d’avoir les références culturelles nécessaires à la réussite scolaire. Donner à la laïcité tout son sens en construisant un cadre d’action publique neutre et permettant à chacun de réussir sans que soit tenu compte de ses origines ou de ses traits identitaires.
Développement des pratiques et de l’accès à la culture, renforcement des capacités du système d’orientation doivent être autant de priorités. L’autonomie doit être offerte à celles et ceux qui manquent des moyens matériels nécessaires à la concrétisation de leurs projets par une allocation personnalisée et tenant compte de la situation objective de chacun. La mobilité doit aussi faire l’objet de politique publique volontaire avec un soutien aux étudiants devant quitter leurs régions et ainsi faire face à des coûts plus importants que ceux engendrés par des cursus plus locaux.
Revaloriser l’action publique, c’est aussi lui rendre sa capacité à changer la vie et à transformer la société pour qu’elle soit plus juste. C’est aussi, et plus fondamentalement encore, le propre de la République que d’être émancipatrice et de permettre la progression de chacun de ses citoyens.
Résoudre la question de l’égalité des chances est un objectif ambitieux, il s’agit d’abord de faire en sorte que personne ne soit empêché de réaliser son rêve pour des raisons liées à son statut .Il s’agit, pour nous, de réhabiliter le droit à un avenir.
La biomasse en Deux-Sèvres




