02 juillet 2009
Captation d' Eau *
L'irrigation agricole accapare l'eau en Poitou-Charentes et dans le Gers
Redoutées, les guerres de l’eau ne sont pas si lointaines de nous, à en croire l’hostilité manifestée par certains cultivateurs de maïs à l’annonce de mesures restrictives quant à leur consommation en eau.
Implantés en Poitou-Charentes et dans le Gers, certains agriculteurs se
sont, en effet, vivement opposés aux mesures d’encadrement prises par
l’administration en la matière, faisant preuve de violences à
l’encontre des services de l’Etat et des associations de protection de
la nature présentes telles que FNE (1).
Bien que jugées insuffisantes par les associations dédiées à
l’environnement, ces mesures visent à préserver des ressources en eau
limitées, soumises à de multiples pressions.
Comme le note Jacques
Brie, chargé des questions "eau" au sein de l’association
Poitou-Charentes Nature :
« Tous les usages doivent être pris en
compte : l’agriculture, mais avant tout l’eau potable, les milieux
naturels, l’ostréiculture, le tourisme, sans oublier l’industrie ».
Cet épuisement des ressources en eau est une problématique
familière à la région Poitou-Charentes, mobilisées par des cultures
gourmandes en eau (essentiellement le maïs).
De fait, d’après l’Observatoire Régional de l’Environnement Poitou-Charentes (ORE),
« En Poitou-Charentes, les besoins en eau d’irrigation d’une culture
peuvent être de l’ordre de 800 m3/ha/an pour des prairies à
2 500 m3/ha/an pour du maïs. Cela représente environ entre 7 et 21 fois
plus que la consommation annuelle d’une famille de 4 personnes, estimée
en moyenne au niveau national à 120 m3/an/famille ».
Toutefois, malgré la menace que fait peser sur ces régions une
raréfaction des réserves en eau, les agriculteurs contestataires
restent sourds à ce partage des usages. Donnant la part belle à leurs
intérêts propres, ils ont poussé encore plus loin leurs revendications,
réclamant toujours plus de subventions pour pomper et utiliser l’eau
ainsi prélevée.
Pourtant, pour Rémy Martin, président de FNE Midi-Pyrénées, des
solutions existent pour sortir de cette impasse : « Des centaines
d’agriculteurs diminuent chaque année leur consommation estivale en eau
en refaisant de l’agronomie (rotation, haie, plantes moins gourmandes
en eau durant l'été, couvert végétal…) ».
Enlisés dans une politique de l’autruche, les agriculteurs
réfractaires ne voient pas quand desservant l’intérêt général, ce sont
leurs propres intérêts qu’ils desservent. En effet, une fois que les
ressources en eau seront épuisées, tout le monde en pâtira
indistinctement.
Cécile Cassier
1- France Nature Environnement
*Action de s'emparer physiquement de quelque chose.
Premiers conflits autour des mesures de restriction d'eau - 03/07/2009
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