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Tout à Fait Subjectif*

Je veux des barricades qui servent à quelque chose. Que près des immortelles, elles vivent, les roses...-Henri Tachan


La Lune

LUNE


Rêver debout

Commentaire personnel :
Une page du livre de Lydie Salvayre où elle interpelle sous la forme de lettres, "Miguel Cervantes Saavedra" au sujet des déboires continuels subis par son personnage, Don quichotte, "le chevalier à la triste figure."

Ce qui lui permet de faire des parallèles avec des faits de société qui se produisent de nos jours.
Une belle page qui m'a bien plu, mais il y en a d'autres...
On trouve de nombreuses pépites dans ce livre, mais le côté répétitif m'a unpeu fatigué quand même.

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 [....] Ce combat est sans fin, comme est sans fin la lutte inexpiable, contre notre humaine condition, ses lilmites, ses fièvres, ses corvées, sa désepérante précarité, son non-sens dans ce monde sans Dieu que nous nous somme fait - vous ne pouvez concevoir,  Monsieur, je l'imagine, pareille aberration - et contre la mort intraitable qui la borne et qui finit toujours, la garce, par planter son drapeau.

Toutes ces raisons, Monsieur, que j'ai l'indécence de vous infliger pour expliquer les foirades répétées du Quichotte, sont peut être aussi mal fondées les unes que les autres. Mais mon triste constat demeure : votre hidalgo échoue souvent, très souvent, trop souvent, cela me semble injuste autant qu'immérité, et loin de m'amuser, cela me consterne.
D'autant qu'il me vient soudainement à l'esprit que le Quichotte échoue comme nous sommes peut-être en point d'échouer aujourd'hui devant la sauvegarde de la planète. Car notre planète souffre, Monsieur. Notre planète a la fièvre. Car notre planète suffoque et risque, si nous ne faisons rien, d'aller de mal en pis. Car nous l'avons saignée, Monsieur, nous l'avons charcutée, épuisée, saccagée irrémèdiablement peut-être. Nous l'avons déshonorée, Monsieur, pour parler comme votre Quichotte. Ma crainte est que, bientôt, elle est la couleur des cendres.

Le quichotte révait d'une vie fabuleuse, d'une vie calquée sur celle des chevaliers invincibles décrits dans les romans de Féliciano de Silva ou Garci Rodriguez de Montalvo. Mais les livres de ces derniers, qui ont connus un succés considérable quelques années auparavant, sont à présent dépréciés. Trop jolis, trop toilettés, trop éloignés de la réalité, leur genre lentement expire.
Vous allez, cher Monsieur,  l'achever.
[...]

 

 

Posté par bartok79 à 12:09 - Textes choisis - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tout à fait subjectif
L' IXODE

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12 février 2022