"Ne faites pas aux autres ce que vous voudriez qu'ils vous fissent. Il se peut que leurs goûts ne soient pas les mêmes."
(George Bernard Shaw / 1856-1950 / Maximes pour révolutionnaires)
23 octobre 2009
Une bouffée d'air pur
Commentaire personnel :
Envie d'oublier toute cette actualité nauséabonde, ces combines politicardes, les turpitudes, le trou dans la couche d'ozone, la taxe carbone....
La liste pourrait s'allonger sur plusieurs pages, mais stop, un petit coup de Verlaine, un plaisir sans arrière pensées.
Ecoutez la chanson bien douce
Ecoutez la chanson bien douce
Qui ne pleure que pour vous plaire,
Elle est discrète, elle est légère :
Un frisson d'eau sur de la mousse !
La voix vous fut connue (et chère ?)
Mais à présent elle est voilée
Comme une veuve désolée,
Pourtant comme elle encore fière,
Et dans les longs plis de son voile,
Qui palpite aux brises d'automne.
Cache et montre au coeur qui s'étonne
La vérité comme une étoile.
Elle dit, la voix reconnue,
Que la bonté c'est notre vie,
Que de la haine et de l'envie
Rien ne reste, la mort venue.
Elle parle aussi de la gloire
D'être simple sans plus attendre,
Et de noces d'or et du tendre
Bonheur d'une paix sans victoire.
Accueillez la voix qui persiste
Dans son naïf épithalame.
Allez, rien n'est meilleur à l'âme
Que de faire une âme moins triste !
Elle est en peine et de passage,
L'âme qui souffre sans colère,
Et comme sa morale est claire !...
Ecoutez la chanson bien sage.Paul VERLAINE (1844-1896)
*
29 septembre 2009
Marseille
Commentaire personnel :
Quel beau texte de Jean Guidoni et comme je ne suis pas égoïste, je vous en fais profiter.
Marseille
J’reviens demain ou jamais plus
Mon bel amour de l’Alcazar
Ma mort inconnue
J’ai d’avance perdu la mémoire
A trop laisser traîner mon cœur
Sur tant de trottoirsMarseille, ville sans frontières
Cité des anges et des démons
Rêves de terre
Accrochés aux mailles d’un filet
Arrimés à tous les limons
De la misèreEt ce jour-là, comme tous les jours
Les écailles sanglantes des poissons
Laqués d’écume
Me rappellent un présent trop flou
A faire mourir mes dix-sept ans
Noyés de brumeQuelques billets, pour un paquet
Danger, pour un garçon maqué
Drôle de conte
Baiser très doux sur front baissé
De Charybde en Scylla, tombé le messager.Et moi Marseille
Dans un bar du vieux port
Passe-passe confidentiel
Sans regret, sans remord
Tu vois, Marseille
Je jouais au voyou
Et la sueur au cou
Tu m’rendais coup pour coupLe port, la rade et Notre-Dame
Gardienne de nos braves gens,
Et de leurs drames
Vague bonheur sous le soleil
Je veux une vie sans erreur
Pécheur sans âmeMarseille, je t’aimais mieux hier
Car aujourd’hui, tu te protèges
De trop de soleil
Sous une lamentable bannière
Griffée aux armes d’un destin
En peau de chagrinTête de mouton, thé à la menthe
Parfums amers, bouches aimantes
Et accueillantes
Comme j’aimais tes seins voilés
De pudeur, d’espoir maquillée
Toi, si vivanteEt rue Thubaneau, un hammam
Vapeur au bleu des mosaïques
Corps archaïques
Derrière un rideau emperlé
C’est le souvenir d’un ailleurs
A jamais parfaitEt moi Marseille
Dans un bar du vieux port
Passe-passe confidentiel
Sans regret, sans remord
Tu vois, Marseille
Je jouais au voyou
Et la sueur au cou
Tu m’rendais coup pour coupJe t’ai quitté un soir de neige
Dans l’wagon d’un train oublié
Oui, je m’en allais
Là où le vent cach’rait ma douleur
Marseille, je t’aimais mieux hier
Je t’aimais mieux hier
Je t aimais mieux hier
Je t’aimais… Je t’aimaisJean Guidoni
29 juillet 2009
Comme ça !
Source pure oubliée

08 juillet 2009
Henri Pichette
Henri Pichette, le poète anti-Char
Il aura suffi que je prononce ce nom, «René Char», pour que Pichette (1924-2000) parte au quart de tour. Le grrrand pouète national, il faut le savoir, était tout le contraire de celui des Épiphanies. Gonflé d’orgueil, enivré par trop de gloire, bouffi de sa réputation de barde, exalté par son Moi, tonitruant ses aphorismes entortillés…Pichette, avec une cruauté d’enfant disséquant un scarabée, arrachait sa superbe verbeuse, la triturait sauvagement, la persiflait et la démantibulait sans recours. Pichette? Vous l’avez lu? Entendu dire lui-même, pour le cinquantième anniversaire de la première des Épiphanies (un «mystère profane», créé en 1947 par Gérard Philipe et Maria Casarès), le texte incandescent de cette pièce d’extrême jeunesse, au théâtre du Rond-Point, devant une salle pleine de survivants de la création, mêlés à plusieurs générations? L’auteur, chaussé de sabots, seul à sa table, incarnait, psalmodiait, scandait et propulsait son texte. J’y étais....
Lire la suite sur le site "Lettres Ouvertes".....
Les Ditelis du rougegorge
Inspirés du chant discret du rougegorge, ces « ditelis », courts mais intenses poèmes, entre comptines et dictons, tressent une couronne de tendresse à cet oiseau de l'âme. Fruits d'une longue alchimie, ils sont l'aboutissement des recherches langagières du poète, mais aussi d'une quête spirituelle.
« De Jésus qui priait au jardin des Pardons, un petit oiseau s'approcha. Haut sur pattes fines comme aiguilles, la plume brunette un peu olive, l'œil rond comme un cassis, il s'en venait frisant le sol, sautillant et parfois s'arrêtant pour faire une révérence. Une brise lui avait dit que cet Homme-là était le cœur fait homme. Que voulait-il bien, ce petit passereau du monde ? Il désirait visiter le cœur du Fils. Alors souriant, Jésus lui ouvrit son cœur, et le petit oiseau entra dans la cage des côtes : il y fut pris d'amour, et battit des ailes au rythme des pulsations divines. En souvenir de cette visite, Jésus lui empreignit la lumière de son sang sur la poitrine. Désormais, l'oiseau était baptisé rougegorge.
Chaque jour, un rougegorge témoigne discètement de cette sorte de légende sur la branche du temps.
Qu'il en tire profit, celui qui a des oreilles pour
entendre.»
Henri Pichette, Les Ditelis du rougegorge, Gallimard, 2005
Ce petit livre, qu'Henri Pichette (1924-2000) a laissé avant de mourir sur sa table de travail comme un testament poétique, est issu d'un vaste projet qui occupa plus de vingt ans le poète. Il avait choisi d'entrer en silence pour « faire un grand livre avec un petit oiseau » : Le Livre populaire et savant du Rougegorge familier. Au terme d'une longue enquête bibliographique, littéraire, linguistique, éthologique ou ethnographique, lecteur assidu à la Bibliothèque nationale ou collecteur au fond des provinces de France, il accumula plusieurs mètres de dossiers passionnants sur le rougegorge. Si l'ambitieux ouvrage n'a pu voir le jour, un diamant est né, comme d'une longue alchimie poétique, dans le dépouillement et la simplicité : formes brèves que ces ditelis, à l'imitation du chant discret du rougegorge, qui tiennent souvent du dicton ou de la comptine, ciselés par un amoureux du lexique populaire. C'est aussi l'aboutissement d'une quête spirituelle qui s'exprime par la médiation de cet oiseau de l'âme, dont la gorge est tachée du sang du Christ. Comme dans la pièce de Schumann, en quelques notes rares et des silences, « le poète parle ».
Th. B.
Henri Pichette
Les Ditelis du rougegorge
Collection Blanche, Gallimard, 2005
Dents de lait dents de loup
Ce recueil de 1962, revu et augmenté, se présente en deux parties : poèmes d'un jeune garçon qui s'éveille au monde ; jouissances et souffrances d'un homme de son temps, et d'un poète en pleine possession de son art. Ces dents qui mordent dans la vie et la langue sont comme l'avant et l'après des Épiphanies.
«
POÈTES
Est-ce parce que le verbe
Vous appelle à l'orée de l'aurore
Et met en lumière vos faiblesses,
Que l'on vous dit illuminés ?
Si votre devoir remis est encore hérésie,
qu'on vous reprenne
Tant est vrai que vous avez froid
Et vous comprenne. Il y avait une intention,
Pour les pauvres diables jetés dans l'hiver
de ce siècle
Et chaud
Pour les belles âmes qui s'expliquent
la damnation éternelle
Que Pégase vous soit ce cheval de labour
Pour qui chaque sillon est une règle d'or
Et que vient la rosée adoucir de ses perles. »1955
Henri Pichette, Dents de lait dents de loup, Gallimard, 2005*
29 juin 2009
Pour le PLAISIR
Juliette dit à Roméo qui veut la quitter avant le jour:
Ne t'en vas pas encor, reste, mon Roméo:
C'était le rossignol et non pas l'alouette
Dont le chant a frappé ton oreille inquiète;
Caché dans les rameaux d'un grenadier en fleurs,
A la nuit qui l'écoute il chante ses douleurs:
C'était le rossignol, crois-en ta Juliette!Roméo
Non! c'est bien le matin et c'est bien l'alouette.
Regarde, mon amour, à l'horizon rougi
Monter de pourpre et d'or ce rayon élargi;
Ce nuage qui s'ouvre et laisse passer l'aube,
C'est l'aurore levant un des plis de sa robe.
Tandis que, repoussée à l'occident obscur,
Phoebé fuit éteignant ses flambeaux dans l'azur,
Vois-tu le gai matin, éclairant nos campagnes,
Poser son pied joyeux sur le front des montagnes?
Vois-tu comme un torrent la lumière accourir?
Il faut partir et vivre, ou rester et mourir.Juliette
Tu te trompes, ami, non ce n'est pas l'aurore,
C'est quelque éclair furtif, c'est quelque météore
Que le soleil, touché de notre amour si beau,
Place sur ton chemin comme un porte-flambeau.
Reste donc, du départ ce n'est pas encor l'heure;
Demeure, ô Roméo! je t'aime tant, demeure!
Roméo
Veux-tu que l'on me trouve et qu'on me tue ici?
Oh! moi, je suis content si tu le veux aussi.
Avec toi je dirai: ce n'est pas la lumière
Que verse le matin en ouvrant sa paupière:
C'est le pâle reflet de la soeur d'Apollon
Dont le char argenté glisse sur le vallon.
Ce chant qui dans le ciel éclate sur ma tête,
Non ce n'est pas ton chant, matinale alouette!
Oh! moi, je ne fais pas de l'amour un remords,
Juliette le veut, je reste.? Viens, ô mort!
Je t'attends dans ses bras, ô sublime inconnue,
Pâle soeur du sommeil, mort, sois la bienvenue!Juliette
Oh! non, je me trompais, Roméo! c'est le jour!
Pas un instant à perdre. Oh! fuis! fuis! mon amour.
C'était bien l'alouette aux notes discordantes
Dont le chant menaçait nos amours imprudentes;
C'était bien le soleil, brûlant vainqueur des nuits,
Qui montait sur son char; fuis! mon Roméo! fuis!
*
22 juin 2009
Pour Boris
J'suis snob... j'suis snob
c'est vraiment l'seul défaut que j'gobe
ça demande des mois d'turbin
c'est une vie de galérien
mais lorsque je suis à son bras
j'suis fier du résultat
j'suis snob... j'suis snob
tous mes amis le sont, on est snobs et c'est bon
chemises d'organdi, chaussures de zébu
cravate d'italie et méchant complet vermoulu
un rubis au doigt... de pieds, pas çui-là
les ongles tout noirs et un très joli p'tit mouchoir
j'vais au cinéma voir les films suédois
et j'rentre au bistro pour boire du whisky à gogo
j'ai pas mal au foie, personne fait plus ça
j'ai un ulcère, c'est moins banal et plus cher
Du Vian dans mon blog (photo-reportage)
Comme promis lors d'une mes dernières note de blog, je suis allée sonner à la porte de Boris Vian.
J'aurai bien piqué le vieux téléphone en bakélite, mais ça ne se fait pas.
Boris Vian s'est installé ici en 1953, s'y est marié en 1954
– l'année où Prévert allait louer la maison d'à côté.
Où se trouve la maison de Boris Vian ?
L'adresse : Cité Véron, Paris 18e. Au-dessus de la porte d'entrée, cette écriteau à méditer.
12 juin 2009
Obsession
Commentaire personnel :
Va savoir pourquoi ?
Ce matin cette chanson de Ferré sur un magnifique texte d' Aragon m'obsède, je me souviens des fragments de texte, je bute sur les images fortes et je répète sans cesse, la mélodie de Ferré, telle une incantation, une ultime prière me taraude l'esprit.
L'affiche rouge
Léo Ferré chante Aragon.
Vous n'avez réclamé ni la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erevan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant
29 avril 2009
Textes libertaires
J'AIMERAIS QU'ON M'AIME
Ni héritier, ni aïeul fortuné,
Ni souche de famille, ni familier,
Je ne suis à aucun,
Je ne suis à aucun.
Je suis ce qu'est tout homme : majesté,
Pôle nord, énigme, étrangeté,
Feu follet luisant loin,
Feu follet luisant loin.
Hélas, je ne sais pas ainsi rester,
J'ai envie que mon être soit manifesté,
Pour que me voie qui voit,
Que me voie qui voit.
Ma torture de moi par moi, mon poème,
Tout vient de là : j'aimerais qu'on m'aime
Et que quelqu'un m'aît,
Que quelqu'un m'aît.
Armand Robin
En savoir plus sur Armand ROBIN
08 avril 2009
Poème
Commentaire personnel :
Pas si anodin que ça !
On en connait !

*
16 décembre 2008
Ça n'a pas suffit ! (2)
Commentaire personnel :
Il faut se resourcer comme on peut, la poésie et comme manifestement, ça n'a pas suffi, je vous fait cadeau d'une vue du marais poitevin au mois d'août (mon fond d'écran )
Et au passage, vous prendrez bien un petit coup de Baudelaire, un doigt pas plus.
L'invitation au voyage
Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
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